Méghane AMOURI

Championne du monde de Savate Boxe Française

Méghane, parlez-nous un peu de vous…

Je m’appelle Méghane Amouri, j’ai 24 ans bientôt 25. Je suis Fertoise depuis mon plus jeune âge et je pratique la Savate Boxe Française depuis 13 ans bientôt. 

En quoi consiste la discipline de la Savate Boxe Française ? 

La Savate Boxe Française est un sport de percussion pieds et poings. On utilise une chaussure qu’on appelle «chausson». Il est interdit de mettre des coups de tibias et des coups de coudes. L’objectif est soit d’être le plus efficace possible en amenant de la puissance, soit de partir sur de la technique, où la puissance est proscrite. C’est un sport vraiment complet que j’adore autant pratiquer qu’enseigner. 

Décrivez-nous un peu votre parcours sportif… 

J’ai commencé à La Ferté-sous-Jouarre dans le petit club du Kangaroo Club. Il a maintenant bien grandi et nous en sommes très fiers ! C’est là que j’ai effectué mes premiers entraînements, mes premières compétitions, notamment grâce à Christophe Héricourt

Par la suite j’ai passé mon monitorat, un diplôme pour devenir entraîneur et coach dans un club. Grâce aux rencontres que j’ai faites durant le passage du monitorat, j’ai pu accéder au Pôle France, situé à Châtelet-Mallabry, pour un “sports études” de deux ans. Ce pôle existe toujours mais il ne reçoit plus la Savate Boxe Française. Suite à cela, j’ai dû repartir en club.
J’ai alors décidé de suivre mes deux entraîneurs de pôle, Jérôme Nion et Fathi Mira, du Levallois Sporting Club. C’est vraiment la mairie de La Ferté-sous-Jouarre, mon club ainsi qu’Annick Lecorps, ancienne présidente du club, qui m’ont encouragée à me diriger vers cette structure. Ce moment de ma vie a été compliqué car je venais d’un petit club et je n’avais pas beaucoup d’expérience dans le haut niveau. J’ai donc pu découvrir cet aspect-là de mon sport.

Si vous deviez décrire votre parcours en 3 mots… ?

Tout d’abord, passion, car en plus d’être une athlète, je suis coach sportive. J’adore transmettre cette discipline. Elle me prend beaucoup de temps, autant professionnellement et personnellement. Ensuite je dirais travail, parce qu’on n’a rien sans rien. L’aboutissement de tout mon parcours, de mon titre de Championne du monde, c’est le fruit du travail que j’ai fourni. Le dernier mot serait rencontre, je dirais même rencontre et partage. Un mix des deux, qui donnerait par-encontre ! Toutes les personnes que j’ai rencontrées, de par l’expérience qu’elles ont et qu’elles m’ont transmise, m’ont beaucoup apporté professionnellement, en tant que boxeuse. Toutes ces petites choses m’ont donné la force de continuer et de persévérer. 

Que représente pour vous la Journée internationale des droits des femmes ? 

Heureusement que cette journée existe enfin ! C’est l’occasion de mettre à l’honneur tous ces combats que l’on a pu mener. Quand je dis «on, je veux parler de toutes les femmes qui se sont battues, que ce soit pour leurs droits, contre les inégalités salariales, contre le sexisme…

Malheureusement, il reste encore beaucoup de travail à faire. C’est une journée qui nous rappelle qu’on s’est battues. On a gagné certains combats, on en a encore à gagner. Il faut continuer et ne pas relâcher, parce que dans certains pays, c’est encore très dur d’être une femme. Il y a encore trop d’inégalités et ce n’est pas normal qu’en 2021, ça se passe comme ça. Il faut vraiment mettre à l’honneur les femmes et cette journée».