Christelle POUILLART

Directrice de l’école de musique du Pays Fertois

Pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît ? 

Je suis Christelle Pouillart, j’ai 41 ans.

Si j’étais un métier, je serais… directrice de l’École de Musique du Pays Fertois,

Si j’étais une passion, je serais… la musique, évidemment ! 

Si j’étais une fierté, je serais… ceux que j’aime, en particulier mon conjoint et mes deux enfants qui me soutiennent dans mes projets,

Si j’étais un sport, je serais… le cyclisme sur route que je pratique et défends au féminin, 

Si j’étais une saison, je serais… le printemps pour sa luminosité, ses jours qui s’allongent propices aux concerts,

Si j’étais un plaisir, je serais… un bon repas mitonné par mes soins ou partagé au restaurant,

Si j’étais une pierre, je serais… l’améthyste, symbole de sérénité et de sagesse,

Si j’étais un mot, je serais… l’engagement, qui me permet de porter mes valeurs.  

Selon vous, qu’est-ce que la musique ? 

Quoiqu’elle ne permette pas de réparer une fuite d’eau chez nous, la musique a un rôle prépondérant partout, est indispensable à nos vies. Mais qu’est-ce que la musique ? Mathématicien ou poète pourraient y répondre, de leur point de vue. Peut-être que l’émotion qu’elle procure ne supporte pas de définition. La musique, elle se chante, à pleine voix, avec un instrument ou intérieurement… La musique, elle se vit et elle nous fait vibrer. 

Comment avez-vous réussi à lier votre passion à votre métier ? 

Quel plus grand privilège que de faire de la transmission de ma passion mon métier !  Cela a été une évidence très tôt. De belles rencontres ont jalonné mon parcours qui m’amène à La Ferté-sous-Jouarre aujourd’hui. 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours artistique ? 

C’est à Château-Thierry, au conservatoire et au lycée Jean de La Fontaine que j’ai fait mes premières armes, en flûte traversière. J’ai réalisé mes études supérieures en musicologie à la Sorbonne, tout en continuant à me perfectionner et à obtenir des prix en flûte traversière baroque, en chant baroque et en musique de chambre. C’est aussi à Château-Thierry, lors d’une conférence organisée par le festival Jean de La Fontaine, que j’ai rencontré ma directrice de recherche et que je me suis spécialisée dans l’étude du répertoire français du siècle de Jean de La Fontaine.

J’ai joué et chanté dans diverses formations, à Paris et à Château-Thierry. Depuis 14 ans, je suis aussi soprano dans les Chœurs de l’Opéra de Reims. Lors de mes années d’études, j’ai travaillé les étés au Centre Social La Rotonde de Château-Thierry, en tant qu’animatrice puis directrice. Cette expérience fut précieuse pour mes débuts d’enseignante en Seine-Saint-Denis. C’est en 2007 que j’ai repris le poste de professeure de musique au lycée Jean de La Fontaine dans une section qui demeure rare en France.

Forte de mon expérience et de mon engagement, je souhaitais m’investir plus encore, en prenant le poste de directrice de l’École de Musique du Pays Fertois. C’est une suite logique de mon parcours. Je crois en l’éducation artistique et culturelle pour tous, et par tous. C’est pourquoi je souhaite mener un travail important avec les professeurs de l’école et les partenaires locaux pour sensibiliser les élèves à la musique, à la culture et ainsi amener chaque élève, chaque jeune au meilleur de lui-même.

Pouvez-vous nous donner trois mots pour décrire votre parcours ? 

Je dirais motivationdynamisme et rigueur.

Que représente pour vous la Journée internationale des droits des femmes

J’aimerais ouvrir la réponse en pointant le mot qui disparaît à chaque fois le 8 mars : droit. Car le cœur du sujet est bien là, pas tant dans le fait d’être femme, mais dans celui que nos droits ne sont pas respectés. Le thème annoncé pour cette journée du 8 mars 2021 est « Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la COVID-19 ». 

Entre sexisme et affaires, le rapport 2018 du Haut Conseil à l’Égalité démontre un plafond de verre impressionnant dans le monde de la musique. Voici quelques chiffres en exemple : 

  • Parmi les élèves des conservatoires, 55 % sont des femmes alors qu’elles ne représentent que 6 % des chefs d’orchestres dans le monde, 
  • 4 femmes ont reçu une Victoire de la musique du meilleur album entre 1980 et 2016,
  • 97% des groupes programmés par les grands festivals de musique sont composés exclusivement ou majoritairement d’hommes.

La représentativité est une chose importante, mais le champ du droit est fondamental. Derrière ces chiffres édifiants du monde de la musique, essayons de faire en sorte que tout soit fait en termes de droits pour que l’accès des femmes soit respecté. 

La crise que nous traversons bouleverse nos vies et les femmes sont bien souvent en première ligne. Elles ont aussi apporté des contributions irremplaçables en faveur de décisions, de politiques et de compassion. Mais elles sont représentées de manière disproportionnée et nous voyons beaucoup de droits acquis remis en question, à commencer par l’interruption volontaire de grossesse (IVG).Je laisse le mot de la fin à Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. ».

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22, avenue du Général Leclerc
77260 La Ferté-sous-Jouarre