Amélie ROTTE

Championne de tir sur cible subaquatique

Amélie, parlez-nous un peu de vous… 

Je m’appelle Amélie Rotte et je viens d’avoir 17 ans. J’étudie en Première générale au Lycée Bossuet, à Meaux. Je suis assez sportive, je continue à faire du sport malgré la crise sanitaire. J’essaie de faire tous les jours une bonne heure de sport, même si ça reste compliqué. Avant la crise sanitaire, je faisais du hand-ball et j’allais à la piscine avec ma mère. 

En dehors du sport, j’aime beaucoup dessiner, imaginer des vêtements. La mode fait partie de ma vie depuis petite. J’adore ça… mais mon porte-monnaie, un peu moins ! J’ai plusieurs animaux : un chien, un chat, des ponettes. 

En ce qui concerne l’orientation professionnelle, je garde la mode de côté pour l’avenir, lorsque j’aurai un emploi stable. J’essaierai de fabriquer des vêtements, pourquoi pas même créer une collection ! Au-delà de ces rêves, je m’oriente vers d’autres choses. Cette année, j’ai pris les spécialités humanitégéopolitique et maths pour aller en école de psycho. J’envisage de devenir psychologue et, si possible, d’avoir mon propre cabinet ou de m’orienter dans les prisons. 

Quant au sport, j’espère garder ce rythme toute ma vie pour pouvoir allier ce plaisir avec mon emploi.

En quoi consiste la discipline du «tir sur cible subaquatique» ?

Le « tir sur cible subaquatique » est une discipline qui nécessite d’être « en apnée et de se poser sur notre poids, sous l’eau. Une fois en place, on cherche la bonne position pour avoir un parfait alignement avec la cible afin d’être le plus précis possible. Cette discipline offre un entraînement complet. On fait d’abord des lignes d’eau, en dehors, tout en travaillant constamment notre nage, avec ou sans palme. Les palmes sont assez grandes, il faut donc perfectionner son “cassé de cheville”. Une fois qu’on a fait la même chose sous l’eau, on commence à préparer les différentes épreuves. Elles sont au nombre de trois : 

  • La première est la précision : on part d’où l’on souhaite pour se poser sur un poids où on tire dix fois. Ces tirs doivent être les plus précis possible. On a à faire deux tirs par cible. 
  • La seconde est le super-bi : elle est composée de cinq tirs et à dix mètres de distance. Il faut pouvoir faire trois tirs dans les cibles pour pouvoir être classé.  On est jugé sur notre rapidité et notre précision. 
  • La dernière est le biathlon : on part à 15 mètres de distance en apnée trois fois. Là-aussi, la rapidité et la précision sont jugées. On doit faire trois tirs en choisissant nos trois meilleures cibles. On doit être sûrs de pouvoir faire les meilleurs impacts et si possible toucher la mouche pour remporter le plus de points. 

Un gagnant est déterminé avec le combiné des trois. On peut également ajouter l’épreuve finale du relais qui est réalisée à chaque compét’. Dans cette épreuve, une équipe de trois essaie de prendre une joueuse d’une plus petite catégorie, si possible une fille, et un senior. Là-encore, précision et rapidité sont les critères pour remporter l’épreuve.

Comment est née votre passion ? 

Ma passion est née grâce à mon père. Quand j’étais petite, j’aimais bien tirer. En parallèle, j’allais souvent à la piscine avec ma mère. On aimait beaucoup nager, partout, notamment en vacances dans la piscine ou à la mer. Pour contextualiser, mon père pratiquait cette discipline lorsqu’il était un peu plus jeune. Il a arrêté lorsqu’on a emménagé à Saint-Cyr-sur-Morin. Il a alors trouvé un club à La Ferté-sous-Jouarre, Les Tortues Géantes, et s’y est inscritUn jour, il nous a proposé, à ma sœur et moi, de venir essayer. Cet essai et l’ambiance familiale m’ont séduite. Cela nous permettait, à mon père et moi, de partager quelque chose ensemble. C’est ainsi que j’ai commencé ce sport. 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours sportif ? 

Le club de La Ferté m’a beaucoup aidée, ils m’ont incitée à me lancer. Pour tout vous dire, j’aime la compétition… mais je suis très “mauvaise joueuse” ! N’aimant pas perdre, j’ai toujours banni les compétitions de ma vie. J’allais juste pratiquer mon petit loisir du mardi soir dans l’eau. Je tirais, je faisais mes apnées et ça me convenait très bien ainsi ! 

Le club m’a inscrite, sans me le dire, à une compétition. Devant le fait accompli, j’ai été obligée d’y aller, d’autant qu’ils avaient payé pour ma participation. Sur place, j’ai découvert une ambiance très familiale : lorsqu’on attend son tour, on va manger, on rigole avec tout le monde. Au vu de mon score et de mon niveau globalement similaire à l’ensemble des compétiteurs, ils ont décidé de me réinscrire, mais cette fois-ci avec mon accord. Suite à cette autre compétition, ils m’ont poussée jusqu’au championnat d’Île-de-France qui s’est très bien passé également. Ils ont donc continué ainsi… jusqu’à mon premier championnat de France ! J’étais en plus petit niveau, j’avais environ 14 ans. Au vu de mes scores, le club m’a par la suite présentée à chaque compétition.

 Il me semble que depuis, je n’en ai manqué aucune… ou peut-être juste une, parce que j’avais un match de hand. J’ai toujours dit à mon père que le hand passerait avant le tir sur cible subaquatique. Le hand était vraiment une passion pour moi ! 

Grâce au soutien de mon club, j’ai pu être sponsorisée par la marque d’apnée C4 pour les palmes et les masques. Je les remercie profondément parce que lorsqu’on est sponsorisé et qu’on sent que les gens croient en nous, on gagne en confiance. Leur soutien m’a poussée à aller toujours plus loin. 

Pouvez-vous nous donner trois mots pour décrire votre parcours ? 

Je dirais déterminationjoie et soutien !

Que représente pour vous la Journée internationale des droits de la Femme ?

La Journée internationale des droits de la femme représente le long parcours de la Femme à travers ses droits et ses valeurs. Ça a été dur ! Quand on pense à cette journée, on pense aux droits de la femme, à l’éducation qui a été faite aux femmes, parce qu’avant, à part être mère au foyer, elles ne pouvaient pas faire grand-chose. On pense aussi à l’égalité parentale, qui ne se résumait avant qu’au « pater », mais aussi à l’égalité femme-homme, qui n’est pas encore assez entendue de nos jours, notamment en termes d’inégalité salariale. Il y a encore trop de violences conjugales en 2021, ce n’est pas normal. Il faut vraiment faire bouger les choses et il y a encore un long parcours à faire dans les années à venir.