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La Ferté pendant les deux guerres mondiales

La Ferté-sous-Jouarre s’étant illustrée, lors de la guerre de 14-18, a reçu la Croix de Guerre, le 14 août 1921, par Monsieur Cugol, sous-secrétaire d’État aux régions libérées, accompagnée de la citation : « Occupée dès le début de la guerre, La Ferté a vu sa population gravement molestée par les Allemands. La Ferté a été l’objet, en 1914 et en 1918, de violents bombardements qui ont détruit nombre de ses maisons. Malgré ses deuils, La Ferté a donné un bel exemple de sang-froid et d’endurance. »

Du 3 au 9 septembre 1914 La Ferté fut l’objet de vifs combats, lors de son occupation par l’armée britannique, dont l’État Major s’était établi au Château de Tarterel (l’État Major français, quant à lui, avait choisi de s’installer au château de Condé) Rappelons, pour mémoire, la destruction de plusieurs immeubles de la rue des Pelletiers ; du pont de pierre (« …le 4 septembre, à 4 heures du matin, le « Pont de l’Europe » est détruit, les deux arches se sont effondrées … ») ; du château de l’Île (le 8 septembre) ; du pont de fer (« …le 8 septembre, battant en retraite, les soldats allemands, avant de quitter la ville, font sauter son arche centrale pour freiner l’avance des troupes britanniques … ») ; de l’Église (le 9 septembre) ; et n’oublions pas la prise d’otages (encore le 9 septembre) de M. Paul Lallier, Maire, et de M. Augustin Duburcq, Conseiller-général, lesquels furent emmenés vers Bécart, sans doute pour répondre, sur leur vie, des attentats qui pourraient être commis contre les allemands. Le 10 septembre, la ville fut libérée, les allemands ayant été repoussés à 40 kilomètres.
 

Les 3888 noms inscrits sur le Mémorial (érigé par le gouvernement anglais, en souvenir des héros disparus durant la Bataille de la Marne du 6 au 13 septembre 1914) révèlent l’intensité des engagements qui eurent lieu dans ce coin de Brie.
Le 27 mai 1918, la nouvelle offensive allemande fut foudroyante. Sous l’avance ennemie, les entreprises fertoises commencèrent à évacuer leurs locaux. La société Générale Meulière, dont les ateliers travaillaient depuis 1915 pour la défense nationale, pris les dispositions nécessaires pour évacuer (à Épernon, où elle possédait une fabrique de meules) l’outillage et le personnel.
Comme aux premiers jours de 1914 la situation fut particulièrement grave. De nouveau toutes les archives des services publics seront évacuées vers Melun.
Le dimanche 9 juin 1918, les premières troupes américaines arrivèrent en ville et s’installèrent dans tous les lieux publics. Début août le général Pershing s'établira au château des Bondons et la 1ère armée américaine dans les châteaux de Lagny et de Condé. Le 15 juillet 1918, à 22 h 40, deux bombes détruisent la gare. Sous ses ruines de malheureuses victimes : le chef de Gare Maillet, le sous-chef Marchal, l’employé Facteur enregistrant Henry et deux soldats secrétaires, auxiliaires des gares Fromaget et Sezelle.


La victoire coûta très cher à la France. Outre les pertes humaines, les dommages subits dans toute la France furent presque inestimables, parfois même irréparables (13 départements sinistrés ; des villes telles que Reims, Arras, Verdun, … n’étaient plus que monceaux de ruines ; 54 000 km de routes, 8 000 km de voies ferrées, 5 000 ponts, 1 100 km de voies navigables à reconstruire ou à remettre en état ; 824 000 immeubles endommagés ou détruits ; 3 340 000 hectares dont 2 100 000 de terres de labour, 580 000 de bois et de forêts, 400 000 de pâturages durent être nettoyés, re-nivelés, replantés afin de permettre de nouveau l’exploitation ; …).

Le 2 novembre 1922 « Le Poilu », oeuvre du statuaire E. Pinchon – (érigée avec les fonds d’une souscription qui avait été ouverte auprès des habitants de La Ferté pour honorer et perpétuer la mémoire des soldats fertois, morts dans le conflit pour la France) – fut inaugurée en présence de nombreuses personnalités.
Le 11 novembre – jour anniversaire de la victoire – fut d’abord un jour de recueillement, puis devint jour férié en 1922.
Le 4 novembre 1928, inauguration du « Mémorial des Anglais » en présence du Maréchal Foch, du Général Weygand, du Maréchal Sir George Milne, du Lieutenant-général Pulteney, de nombreux supérieurs anglais, australiens et canadiens, du Maire de La Ferté, M. Albert Gilquin, assisté de ses adjoints, MM Babin et Kinzinger, entouré de son conseil municipal et des maires du canton. Un hommage fut rendu aux soldats, héros anglais tombés sur notre sol français, aux maréchaux French, Joffre, et au Général Maunoury. Le monument fut ensuite béni par le révérend-père anglais, J.G.W. Luckey, puis il y eut des dépôts de couronnes au nom du Roi et de la Reine d’Angleterre, du gouvernement français et de la ville de La Ferté-sous-Jouarre.

 

LA FERTE PENDANT LES COMBATS DE 1940

Les combats de 1940 épargnèrent un peu l'agglomération fertoise.
La ville fournit cependant à la Résistance plusieurs héros incontestables : Pierre Marx (1923-1943), Michel Fauvet (1920-1944), le Capitaine Léon Lahitte (1888-1944), le Colonel François Glaize (1882-1945), le Docteur Joseph Brau (1891-1975) et Camille Thioux (1920-1994), lesquels illustrèrent bien ce que pouvait être le patriotisme chez les hommes ne voulant pas démissionner.
Le 27 août 1944 les soldats américains, bien assistés par les F.F.I. locaux, libèreront La Ferté-sous-Jouarre sans heurts graves.

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