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La Ferté hier

Au IXe siècle une forteresse, bâtie sur une île au milieu de la rivière, veillait sur les religieux et paysans locaux.
Anculfus, chef de guerre franc, lui donna son nom : « FIRMITAS ANCULFI(*) » et construisit une ville fortifiée dans une île de la Marne, entre les hameaux de Saint Martin et de Condetz.

Plusieurs fois au cours des siècles l'appellation de notre ville a été modifiée. Après Firmitas Anculfi elle deviendra Ferté-Ausculphe, puis La Ferté-Ancoul, La Ferté-Aucoul, Ferté-Aucol (nom qu'elle portera jusqu'à la Révolution française), La Ferté-sur-Marne et La Ferté-sur-Morin.

C'est en 1797 que l'administration municipale, sous la présidence du Maire Régnard de l'Îsle, décidera l'actuelle dénomination de La Ferté-sous-Jouarre.


Il est malaisé de retracer l’histoire de La Ferté tout au long du Moyen-âge. Les documents manquent ou sont difficilement accessibles. Cependant, de « vieux grimoires » font état de nobles seigneurs ayant eu, parmi leurs fiefs, celui de La Ferté-Aucoul.

Furent identifiés :
Hugues Ier et Hugues II au début du XIe siècle, Godefroi, Simon au XIIe, Hugues III d’Orcy (de 1171 à 1189) puis sa veuve, Jean II puis Mathieu, Enguerrand III de Coucy et Enguerrand IV, Jean III de Guines (1311-1334), Enguerrand VI de Coucy (1335-1350), Jeanne de Coucy (1350-1373) et enfin Jeanne de Béthune.

Après quelques péripéties familiales Marie de Luxembourg, Dame de La Ferté, épousa François de Bourbon, Comte de Vendôme, seigneur de La Ferté.
Leur fils Charles de Bourbon, duc de Vendôme (1489-1537), reçut la terre de La Ferté dans sa part d’héritage et en fut le seigneur. Il accéda au trône de Navarre par le mariage, en 1555, de son fils Antoine avec Jeanne d’Albret, puis au trône de France, en 1589, par l’avénement de son petit-fils Henri IV. Époux de Françoise d’Alençon ce dernier eut 13 enfants dont :


– Antoine de Bourbon (1518-1569), père de Henri IV, Grand-père de Louis XIII et Arrière grand- père de Louis XIV.
– Charles de Bourbon, né à La Ferté le 22/12/1523. Évêque de Nevers (1540), puis de Saintes (1544), Cardinal (1548) et archevêque de Rouen (1550).


Il fut reconnu l’héritier de la couronne par le traité de Joinville (1584) conclu entre les Guises et Philippe II et reçu, de La Sainte Ligue, le titre de roi (1589) sous le nom de Charles X. Arrêté et enfermé par Henri III dans la prison de Fontenay-le-Comte (après l’assassinat du duc Henri de Guise), il y mourra le 9/05/1590.
Ce fut son cinquième fils qui lui succéda :


– Louis de Bourbon, Ier prince de Condé (1530-1569), seigneur de La Ferté, qui donna naissance à « La Maison de Condé ».
Converti au calvinisme, il fut l’âme de la conjuration d’Ambroise et ne dut son salut qu’au pardon octroyé par Charles IX à son avènement.


Sous le gouvernement d’un tel seigneur, La Ferté devint un centre important de la Réforme ; un synode provincial s’y tint an 1563. Royalistes et Ligueurs assiégèrent et s’emparèrent tour à tour de la place. S’ensuivront exactions, carnages, incendies, et ce jusqu’à la reddition du duc de Mayenne au Roi Henri IV de Navarre ([1553-1610], neveu de Charles de Bourbon [voir texte ci- dessus] et cousin d’Henri de Bourbon, IIe prince de Condé [1552-1588] – seigneur de la ville jusqu’en 1585 – qui furent tous deux fertois de naissance).

Une trentaine d’années après, c’est de nouveau un seigneur protestant, le maréchal de La Force, qui gouvernera La Ferté et le protestantisme, toléré par l’Édit de Nantes, s’y développera plus que jamais. La ville connut ensuite une longue période de calme relatif. La révocation de l’Édit de Nantes emmenant néanmoins un exode massif des familles protestantes. Du fait de la proximité du château de Montceaux, le roi Louis XIII et le Cardinal de Richelieu firent de fréquents séjours à La Ferté.

Au XVIIIe siècle Saint Simon écrira une partie de ses fameux « Mémoires » dans l’ancien Château des Bourbons, puis la seigneurie passera aux ducs de La Rochefoucauld, qui la garderont jusqu’à la Révolution.


Le 24 juin 1791, de retour de Varennes, Louis XVI et sa famille furent reçus à déjeuner par M. Regnard de l’Île, maire de la ville, dans la superbe demeure qu’il venait de se faire construire.

L’époque napoléonienne verra les troupes de l’empereur traverser la rivière sur un pont de fortune. La guerre de 1870 obligera les fertois à héberger de très nombreux Prussiens. En 1872, lors des cérémonies du 14 juillet, Léon Gambetta vint à La Ferté. L’événement est signalé par une plaque, apposée sur la façade d’une modeste maison en descendant de la Haute Borne : « Le 14 juillet 1872, anniversaire de la prise de la bastille, 1500 citoyens de cette cité et des communes environnantes se sont réunis en un banquet démocratique dans un terrain attenant à cette maison, sous la présidence du Grand Français et de l’ardent patriote que fut Léon Gambetta. »

Mairie de La Ferté-sous-Jouarre - Place de l'Hôtel de Ville - 77260 la Ferté-sous-Jouarre - Tél : 01 60 22 25 63 - Fax : 01 60 22 99 82